Depuis 4 jours, les enfants sont retournés à l’école ; la grande majorité aurait préféré que les vacances durent… un peu plus. Mais pour certains, cette rentrée était certainement plus proche d’un retour en enfer que d’un retour à l’école… Qui sont ces enfants qui se font harceler ?

Existe-t-il des enfants plus « à risque » pour devenir victimes de harcèlement ?

Harcèlement

Oui il existe certainement des enfants plus « à risque »… Mais sans doute pas ceux auxquels on pourrait penser spontanément : les « gros », les « roux », les « moches », les « trop maigres » ou les « trop intelligents »… bref, tous ceux qui semblent avoir quelque chose de différent par rapport aux autres.

Le harcèlement à l’école, ça peut toucher… tout le monde ! Et dans la réalité, ça concerne plus de 700.000 enfants par an, en France.

Pourquoi eux ?

Si cela peut toucher tout le monde, pourquoi alors n’y a-t-il pas 6 700 000 d’enfants harcelés ?

Parce que le harcèlement va toujours s’appuyer sur une faille, une fragilité de l’enfant concerné. Cela ne veut pas dire que seuls les plus fragiles sont touchés… cela veut dire qu’une remarque, un fou-rire, un bousculement sur un jeune qui, à ce moment très précis, se sent touché, blessé par ce mot, ce rire ou ce geste, peut être le début de l’abîme pour lui.

Un enfant qui aurait quelques kilos de trop et le vivrait bien, ne se sentira pas blessé si un autre enfant l’appelle « mon gros ». En revanche, un enfant qui vit mal ces quelques kilos en trop pourra le prendre plus mal.
Un adolescent peut avoir beaucoup de répondant lorsque quelqu’un qu’il n’aime pas l’attaque, cependant, si l’attaque vient de son meilleur ami, il peut rester coi.

Y a-t-il d’autres profils ?

Il est toujours très compliqué de faire des généralités : en effet, le harcèlement est quelque chose qui touche chacun de façon très personnelle et très différente. Cependant, j’ai pu aussi noter, parfois, que des jeunes qui n’ont pas « l’autorisation de se défendre »  par leurs parents, peuvent subir du harcèlement. Il s’agit de familles qui prônent la bienveillance, la non-violence… bref tout ce en quoi, moi, je crois… je ne vais donc pas critiquer cette façon de faire. Cependant, il me semble important de rappeler que « bienveillance » ne veut pas dire « paillasson ». Les parents qui prônent la bienveillance, le dialogue… peuvent expliquer que l’on n’attaque pas, mais qu’on a le droit de mettre ses limites. Malheureusement, quand ce n’est pas nommé, certains enfants ne s’autorisent pas à se protéger.

Et puis il y a ceux qui vivent des choses difficiles chez eux : cela peut créer une fragilité sur laquelle les harceleurs vont s’appuyer.

Et il y a aussi les « trop » : trop intelligents ou trop bêtes… ça ne plait pas forcément aux jeunes qui aiment plus ce qui est « dans la moyenne ».

Que craignent-ils ?

Ils craignent que l’on se moque d’eux, qu’on les frappe… bien sûr. Mais aussi d’être isolés et de devoir rester seuls…pour un adolescent c’est insupportable. En effet, être intégré au « groupe de pair » est quelque chose d’essentiel.

Ils s’inquiètent bien entendu le regard du groupe sur eux. Ils ont peur qu’aucun adulte ne se rende compte de l’enfer qu’ils vivent, qu’aucun adulte n’intervienne… et en même temps ils craignent l’intervention des adultes qui risquent d’aggraver encore la situation. Ils craignent d’en parler à leurs parents, ils craignent que ceux-ci ne se rendent compte de rien.

Bref, ils vivent des émotions intenses : la peur, voire l’angoisse ; la honte ; parfois la colère (qui explique qu’il leur arrive d’exploser… en classe… et de se faire ainsi punir par le professeur). Mais surtout, ils vivent le désespoir. Et malheureusement, celui-ci peut mener au passage à l’acte : 61% des enfants harcelés pensent, à un moment ou l’autre, à se suicider. Et malheureusement, une partie passe à l’acte… et encore plus malheureusement, une partie « réussit » et en meurt.
on ne peut donc pas se permettre de penser qu’il s’agit de « gamineries », que « le temps arrangera les choses »… en effet, les anciennes victimes de harcèlement scolaires en gardent, pour la plupart, des séquelles, toute leur vie.

Alors pour que cela n’arrive plus, pour que chacun de nos enfants puisse aller en sécurité à l’école, cette journée nationale contre le harcèlement est peut être l’occasion de s’interroger : et moi, que puis-je faire, à mon niveau, pour que ça s’arrête ?

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