quelle place pour le parent d'ado ?

Ni trop près, ni trop loin… à juste distance ! Les ados ne supportent pas d’être traités comme des enfants, ils réclament à corps et à cris leur indépendance…  et pourtant… il ne s’agit pas de les abandonner non plus sous prétexte qu’ils ont grandi ! pas facile de trouver un juste milieu, entre confiance et exigence.

Trop près : c’est quand on est en permanence sur son dos « tu t’es douché ? Récite-moi tes leçons. … » C’est lorsqu’on ne fait pas de différence entre un enfant de 5 ans et un jeune de 15 ans ! C’est infantilisant et anti-éducatif ! Par exemple lorsque l’on range sa chambre… en en profitant pour lire ce qui y traine ou fouiller dans ses tiroirs. C’est aussi « tu m’présentes tes potes ? On sort en boîte ensemble samedi ? » Avec notre discours ringard qu’on aimerait « jeunes », on n’est plus à notre place de parent… on  se prend pour un copain de notre ado… et ce n’est vraiment pas ce dont il a besoin : des copains il en a ; en revanche des parents, il n’y a que vous qui pouvez jouer ce rôle !

Trop loin : « fais ce que tu veux, comme tu veux » ou «je me fiche que tu réussisses ou rate à l’école. D’ailleurs, quoi que tu fasses, ça ne me concerne plus : tu es grand maintenant… assumes tes actes ! ». « tes problèmes t’appartiennent, voici de l’argent dont tu as besoin, mais débrouille-toi » Aucune confrontation possible avec un parent comme cela : l’ado peut légitimement se sentir abandonné, se demander si vous l’aimez et ne se sent pas sécurisé.

Et le « juste milieu » : mettre un cadre, le tenir, même si cela provoque des querelles, et accepter de faire évoluer ce cadre en fonction de l’âge de l’ado… et de son comportement. Ca veut dire : tenir sur ce qui est important… et  pas sur tout… avec les ados il faut « choisir ses batailles » sinon on risque d’être en permanence dans le conflit. Le conflit est nécessaire : il montre à l’ado qu’un conflit n’empêche pas l’amour et qu’on est capable de tenir sur les valeurs importantes pour nous. Mais vivre 100% du temps de manière conflictuelle, c’est épuisant pour tous. Ça veut dire aussi prévoir des conséquences lorsque les règles ne sont pas tenues. Et je ne parle pas ici de punition (= sans lien avec la faute), qui n’a pour effet que de favoriser l’envie de vengeance ou les compétences de mensonges de l’ado… mais bien de conséquences naturelles ou logiques quand la règle est franchie. Par exemple « tu devais rentrer à 22H. Il est 23H… tu dois donc une heure… la prochaine fois, tu devras rentrer à 21H ». ou bien à la demande de sortie suivante « non, pas ce soir. Ce soir j’ai besoin de savoir que tu es là ou tu dois être : en sécurité à la maison, afin de dormir tranquille ». Ces conséquences ont un lien évident avec ce qui a été fait par l’adolescent, et ceci est très important : c’est apprendre à son ado. à prendre la responsabilité de ses actes ! Et si le cadre n’est jamais respecté, se demander s’il est encore légitime, et s’il ne conviendrait pas de l’ouvrir ou de le fermer un peu… la mise en œuvre d’un contrat, écrit et signé par les deux parties est aussi souvent une solution aidante.

A l’inverse, le juste milieu, c’est aussi savoir faire confiance à son ado… car même s’il la trahie de temps en temps, retrouver notre confiance est très important pour qu’il se sente aimé et qu’il développe son estime de lui-même. Sans la confiance de ses parents, le jeune peut vite s’enfermer dans une spirale négative et d’échec… car, submergé par ses émotions, ses hormones, ses pulsions… il vit une période charnière pas facile ; même sous ses efforts pour paraître adulte, il ne l’est pas encore entièrement…  savoir que vous êtes là, le soutenant, capable d’accueillir ses émotions, de rester solide malgré ses crises, de l’accompagner sur son chemin vers l’autonomie… est le plus beau cadeau que vous pouvez lui faire !

Et puis n’oubliez pas : la plupart des média sont alarmistes sur les ados et leur crise. C’est vrai qu’au moment de l’adolescence, le jeune subit des bouleversements physiques, hormonaux, psychologiques… importants… mais plus de 75% des ados vont bien… voire très bien, alors ne stressez pas trop !