Et si on supprimait du travail tout sentiment, toute valeur autre que « se sentir bien » ? C’est ce que nous apprennent les jeunes de la « génération Z » (nés après 1995).
Dans un contexte qui leur est favorable puisque de nombreux chefs d’entreprise ne trouvent pas de salariés, les jeunes viennent rebattre les cartes du jeu de l’entreprise.

Quand on est employeur on investit sur la personne que l’on embauche (contrat, formation, responsabilités…) et on s’attend à ce qu’en face on nous soit reconnaissant et fidèle. Or ce temps de la fidélité est terminé : un jeune qui ne trouvera pas des horaires lui convenant, qui pensera que l’ambiance est meilleure à côté partira. Vite. Sans demander son reste. Parce que ce qui qualifie cette génération c’est surtout qu’ils n’ont pas peur. Ils savent que leur vie sera multiple. Ils savent que ce monde en transition ne leur offrira pas ce qu’ils ne prendront pas. Et ils savent que ce monde est cruel et qu’attendre que le bonheur leur tombe dessus n’a aucune chance de fonctionner. Alors ils osent : dire qu’ils préfèrent travailler le soir, ou à leur rythme, sans badgeuse qui contrôle les horaires « on s’en fout si le travail est fait, non ? », avec la possibilité de partir en week-end et de se connecter par zoom ou teams pour assister à LA grande réunion annuelle, que l’équipe n’est pas sympa, que le manager se prend pour Dieu et que ce n’est pas ce qu’ils attendent de lui. Ils savent critiquer, et si leurs critiques ne sont pas entendues, ils s’en vont.

Dur dur pour les managers et les chefs d’entreprise qui ont mis corps et âme dans leur entreprise, qui cherchent à fidéliser ces jeunes et n’y arrivent pas, qui voient leur entreprise souffrir de ce qu’ils peuvent considérer comme des caprices…. Et en effet on pourrait prendre cela pour des caprices. Tout comme ces discours de fin d’études de ces jeunes et bien diplômés qui rejettent le système qui leur a permis d’obtenir leur diplôme et leur offre « un job en or ».